Une action de sensibilisation tourne au jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre lors de la finale de la coupe du monde

Dimanche 7 juillet, nous étions une quinzaine de personnes à nous rendre place Antonin Poncet pour une action de sensibilisation en profitant de la finale de la coupe du monde de football féminin pour toucher à la fois français et étrangers.

Nous avions quelques pancartes portant des messages pour les blessés, pour Steve, et quelques photos des gilets jaunes blessés au cours des différentes manifestations. Au bout de seulement quelques minutes, nous étions encerclés “très discrètement” par les forces de l’ordre : police, notamment la BAC (brigade anti criminalité), gendarmerie, gentiment rencardés par un RG (renseignements généraux), semble t-il.
S’ensuit un premier contrôle d’identité. Une précision : nous n’avions sur nous aucun signe distinctif gilet jaune et aucune pancarte visible.

Nous avons pu mener notre action jusqu’à la fin du match, action qui a intéressé les passants mais aussi les clients qui occupaient les bars et qui sont venus nous poser des questions. Certains nous ont même demandé de les accompagner près des forces de l’ordre pour discuter avec eux en leur disant de “cesser les violences contre la population”.

“Eviter les débordements” ?

La commissaire a tenté l’intimidation auprès de l’un de nous en nous demandant de quitter les lieux avant la fin du match pour “éviter les débordements”, en menaçant d’ordonner aux gendarmes de charger si on refusait. Nous avons toutefois refusé et sommes restés sur place.
Aucun débordement n’a eu lieu bien entendu.

Au moment où nous avons décidé de partir boire un verre entre nous, les problèmes ont commencé : nous avons été suivis par la police dans un premier temps, puis quelques mètres plus loin, la BAC (brigade anti criminalité) et les RG (toujours obéissant soigneusement à la commissaire, mais un peu déconcertés par les ordres) ont pris la relève en mettant leurs pas dans les nôtres. On a tenté de discuter avec eux en leur expliquant qu’on allait juste boire un verre entre nous, on leur a même proposé de se joindre à nous quitte à nous suivre…

Quand nous nous sommes enfin installés au bar, la BAC s’est encore une fois « très discrètement » installée tout autour de notre périmètre, certains assis au bar d’en face, d’autres planqués un peu plus loin. Des policier municipaux ont eux aussi été soigneusement envoyés en ronde près du bar.

Contrôles arbitraires

Au moment de partir, la police a immédiatement fait barrage procédant à un nouveau contrôle d’identité prétextant que la zone était sous contrôle, sauf que tous les passants pouvaient eux, circuler librement, pendant que nous étions arbitrairement contrôlés pour la seconde fois en deux heures. L’un des policiers qui nous a contrôlés et avec qui nous avons pu discuter nous a fait part de toute sa lassitude et son incompréhension quant à ce contrôle arbitraire en nous précisant discrètement que ce qu’ils étaient en train de faire était illégal.

Nous leur avons dit que l’on souhaitait simplement aller manger avant de rentrer chez nous, ce à quoi ils ont répondu par des provocations en nous criant de soit rester au bar, soit de rentrer directement chez nous en nous laissant la possibilité de repartir par une seule issue.

Un second commissaire que nous connaissons très bien est arrivé et nous lui avons dit que tout ça était complètement illégal et que nous avions le droit de circuler librement (toujours sans aucun signe distinctif apparent).
Etant donné que nous étions dans une rue piétonne où tous les bars étaient plein de touristes, ils ont fini par nous laisser passer par la rue que l’on souhaitait emprunter, et nous avons été soutenus et applaudis par les passants, certains sont même intervenus en leur demandant d’arrêter ces abus.

Mais nous laisser passer n’a pas arrêté pour autant le jeu du chat et la souris, nous avons été suivis et attendus à chaque coin de rue, stoppés, provoqués par les forces de l’ordre. Le super RG du départ, lui, s’est visiblement pris d’affection pour nous car nous avons été suivis de très près de 16h30 à 22h30. Merci monsieur pour la protection rapprochée.

Inspiré d'un billet de Gilets Jaunes Résistance
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