Rencontre avec une victime de l’acharnement du gouvernement

Témoignage de T. ,GJ blessé à l’acte XVII

Un blessé lors d’un samedi de manifestation à Lyon. Photo A.N

Voilà ça fait maintenant plus de 40 jours que c’est arrivé (pour moi c’est comme si c’était la semaine dernière). C’était lors de la manifestations des gilets jaunes du 9 mars, l’acte XVII. Je vais à la manif pour y rejoindre un ami a moi, qui y était déjà.

Pour commencer, je suis arrivé à la manif assez tard, environ vers 15h30 ou 50. J’arrive donc à Jean Jaurès. Là, un cordon de CRS bloque totalement l’avenue Berthelot et l’avenue Jean Jaurès en direction de Saxe. Je vois des retardataire et me joins à eux. Là, on marche jusqu’à arriver a une rangée de CRS qui bloque une petite centaine de manifestants qui sont au passage très calmes.

L’ambiance est à la discussion et à l’attente. Là, je retrouve mon ami, on discute on rigole. Je suis surpris car il n’y a même pas de slogan chanté. L’ambiance est vraiment calme. Aucune violence rien. Un véhicule de nettoyage des rue passe et s’arrête au niveau des manifestants, klaxone et les gars du Grand Lyon font tourner un gilet jaune . Là, tout le monde reprend un peu du poil de la bête, crie, applaudit, rigole. Et là, la rangée de CRS, qui faisait rien, se met d’un coup à gazer et à charger. Là, je cours avec les autres manifestants. On voit une rangée de policiers en civil qui bloque la rue devant nous. Plus le choix. Il nous faut tourner à droite dans une toute petite rue au niveau du 148 Avenue Jean Jaurès.

Tous les manifestants s’engouffrent donc dans cette petite rue. Je me retrouve donc au fond de la rue. Je vois que la rue est bloquée par une rangée de CRS. J’entends des gens derrière moi qui reviennent en courant en disant que les policiers en civil arrivent par la rue perpendiculaire qui se trouve au bout de la rue où l’on est. Nous comprenons que nous somme nassés. Nous sommes en situation de stresse mais tout est assez calme. Je ne me sens pas en danger a ce moment là. Ma priorité est de retrouver mon ami. Je commence a zyeuter à droite à gauche. ET LA ! Plus RIEN…. Je me « réveille » adossé contre un mur en sang. Avec 2-3 street medics autour de moi. Je comprends assez rapidement que je suis blessé, que les pompiers vont arriver. Je reconnais un ami à moi complètement paniqué derrière au téléphone. Je n’arrive pas à me souvenir de la date. A ce moment là les pompiers arrivent. L’ami que j’étais venu rejoindre arrive à ce moment et monte dans le camion avec moi. Nous voilà partis pour l’hôpital Edouard Hériot (HEH). En montant dans le camion, je demande aux pompiers si c’est un flash ball et si mon œil est en danger. Ils ne savent pas. Je suis inquiet pour mon œil gauche car je vois flou. Dans le camion, ils me posent des questions pour me faire reprendre conscience, telles que la date précise. Avec certes pas mal de difficultés, à la fin du trajet je la retrouve !

Nous voilà arrivés à HEH. Là, à peine arrivé et installé dans un bloc, 3 policiers viennent pour « m’interroger ». Il me demandent mon nom, prénom, adresse, numéro de téléphone. Puis me demandent ce qu’il s’est passé. Malheureusement je n’avais aucun souvenir. Ils repartent donc et vont revenir 15 min plus tard sur ordre de leur supérieur, d’après la policière avec qui je parle. Là elle me demande quelques précisions que je ne peux donner. Et elle va me faire signer un papier où il y a écrit d’après mes souvenirs, mes infos, celles de mon ami. Le fait qu’on était séparé (mon ami et et moi) au moment des faits et le fait que j’ai plus de souvenir. Ces échanges ont été très courtois, même si à un moment la policière qui me parlait a essayé d’insinuer que j’aurais pu me faire ça avec une « poubelle » LOL.

Pour ce qui est de la prise en charge médicale, je serai donc transféré à la Croix-Rousse, où je me ferai opérer le lundi 11 mars (opération pour mettre des plaques en métal et des vis au niveau des pommettes ainsi que dans ma bouche). Deux jours plus tard me voilà de retour chez moi mais malheureusement ça ne sera pas fini, car je vais commencer à avoir de sérieux saignements au nez. Donc rebelote, je repars pour une semaine d’hospitalisation. Où on va m’opérer à deux reprise pour cautériser l’artère qui n’arrête pas de saigner.

Article rapporté par le Comité de Rédaction pour Bonheur en Bas

PARTAGER :