Le (rond-)point sur Givors

A Givors, les Gilets Jaunes se mobilisent en nombre depuis le début du mouvement. Bien entendu, ici comme ailleurs, ils subissent une répression policière équivalente à celle qui se répand comme une épidémie de peste dans toute la France. Pourtant, on parle peu de ce bastion jaune qui tient tant dans la durée que dans sa détermination. C’est pour mettre en lumière leurs actions que nous revenons sur les dernières semaines de mobilisation des habitués du rond-point du Gier.

Mobilisation du 22 juin

Comme les semaines précédentes, les manifestants givordins ont décidé d’organiser une opération de tractage et de sensibilisation du public. Le blocage de la circulation étant minime, les automobilistes ont, dans leur grande majorité, approuvé cette action.

Les choses se sont compliquées lorsque les militants ont essayé de bloquer l’autoroute. Cette tentative a été rapidement enrayée et violemment réprimée par les forces de l’ordre qui, pour l’occasion, avaient été envoyées en renfort depuis Lyon.
Inutile de préciser qu’une fois encore, la milice gouvernementale était en surnombre. Nous avons dénombré plus de cent CRS ce jour-là, pour un peu moins de cinq cents manifestants…
Dans l’après-midi, les Gilets Jaunes ont souhaité défiler pacifiquement dans le centre commercial « 2 Vallées », aucun débordement n’a été à déplorer, seuls des chants et la volonté de se rendre visible les accompagnaient. Malheureusement, les CRS, visiblement peu sensibles à ces mélodies, ont répondu par une débauche de gaz et de coups de matraque dans la galerie-même. Que des clients « innocents », des personnes âgées ou des enfants soient présents  ne les a pas effleurés, la répression atteint même ceux qui ne s’insurgent pas.  La contradiction et l’opposition n’ont définitivement plus leur place dans notre belle République.
Malgré ses malheureux événements, les manifestants peuvent se féliciter de leur mobilisation ce samedi-là, ils ont obtenu une modeste mais très honnête couverture médiatique (RT France, Le Progrès) (1) et la participation de nombreuses autres coordinations (Rive de Gier, Lyon, Saint-Etienne, Saint-Chamond, Balbigny, Vienne, Montbrison et d’autres qu’on oublie sans doute de citer).

Sanction préfectorale et protection « capitale »

Le 29 juillet, les manifestants ont eu à payer le prix du désordre de la semaine précédente mais aussi celui-du début de la période des soldes. Le préfet leur a signifié sa volonté de protéger les gros groupes commerciaux en interdisant toute « manifestation, cortèges, défilés et rassemblement » sur un périmètre défini entre la zone commerciale du Gier et l’échangeur autoroutier de l’A47. Bien déterminés à affirmer leur présence, les Gilets Jaunes ont alors décidé d’investir un autre rond-point du centre-ville dans l’espoir de reprendre leur fief la semaine suivante.

Cependant, à leur grand étonnement, la préfecture décidera de reconduire l’arrêté préfectoral pour le weekend du 6 et 7 juillet. Qu’est-ce que l’administration avait à y gagner ? Quel danger représentaient les personnes mobilisées si ce n’est la vague perte financière subie par le centre commercial situé en contrebas de leur point de rassemblement ?
C’est à travers un communiqué que la coordination de Givors a pris le parti de dénoncer l’attitude inique des autorités (2). Ils y déplorent que le préfet, représentant de l’Etat et de son gouvernement autoritaire, se rende complice de groupes financiers tels que Carrefour en protégeant leurs intérêts déjà valorisés par des dispositifs tels que le CICE. Ces groupes qui bénéficient des largesses de l’Etat sans la moindre contrepartie semblent être les seuls grands gagnants de l’interdiction de manifester imposée aux Gilets Jaunes.
Nous en déduisons que le préfet du Rhône applique une politique de répression au bénéfice de la Finance, et donc, au détriment de la Démocratie et du droit inaliénable qu’a la population d’exprimer son désaccord par la mobilisation citoyenne. Naturellement, cette injustice est encore venue renforcer leur détermination !

« Nous avons retrouvé notre rond-point ! »

Le samedi 13 juillet, après deux semaines d’interdiction de manifestation et après avoir marqué leur soutien au personnel hospitalier de Montgelas, participé à la fête de la ville, imposé leur présence sur le rond-point de Chasse-sur-Rhône, les Gilets Jaunes de Givors ont réinvesti leur rond-point de la zone commerciale du Gier. C’est une bonne cinquantaine de personnes qui s’est jointe au mouvement pour partager cette journée marquée par la solidarité et la bonne humeur habituelles.

Un pique-nique en musique a rythmé ce rassemblement largement soutenu par les automobilistes, qui n’ont pas cessé d’encourager les militants par leurs coups de klaxon ou leurs saluts. Ces élans de sympathie démontrent bien que le mouvement des Gilets Jaunes ne s’essouffle pas, bien au contraire ; il se transforme.

Pas de vacances pour les insurgés

Samedi 20 juillet, malgré la chaleur et les départs en vacances, une cinquantaine de Gilets Jaunes de Givors et des alentours s’est retrouvée pour un nouveau samedi de mobilisation, pas question pour eux d’abandonner la lutte ! Pendant cette période de travaux sur le pont autoroutier de l’A47, des bouchons se forment sous les pieds des manifestants. La musique et la bonne humeur faisaient écho aux encouragements des automobilistes qui avaient tout le loisir de lire les pancartes et les slogans affichés. Ajoutons qu’un clin d’œil humoristique était adressé à François de Rugy, puisqu’un homard géant trônait en bonne place, juste au-dessus de la file interminable de voitures.

Cette belle journée ensoleillée a été l’occasion de partager un repas mais aussi d’avoir des échanges enrichissants dans le cadre d’un débat improvisé suite à la lecture de quelques passages d’un livre évoquant les possibles transformations de la société dans laquelle nous (sur)vivons.
A Givors, les Gilets Jaunes nous ont donné rendez-vous samedi prochain pour un nouveau moment de partage et de mobilisation.

Envie de rejoindre les Gilets Jaunes de Givors ?

Ils sont bien décidés à ne pas relâcher la pression et seront présents tous les mercredis à partir de 17H et les samedis à partir de 9H pendant l’été sur le rond-point de la zone commerciale de Givors (rue de la paix).
Plus d’infos sur leur page Facebook « Gilets Jaunes Givors 69 et alentours » : https://www.facebook.com/Givors69/

 

(1)

(2)      Communiqué des gilets jaunes de Givors et alentours :

           « Non à la répression ! 

Nous venons d’apprendre que la préfecture du Rhône vient de reconduire l’arrêté préfectoral interdisant toute « manifestation, cortèges, défilés et rassemblement » sur un périmètre défini à Givors entre la zone commerciale du Gier et l’échangeur autoroutier de l’A47, pour le weekend du 6 et 7 juillet. Nous dénonçons le fait que le préfet du Rhône qui représente l’Etat, se rend complice des actionnaires du groupe Carrefour en interdisant la présence des Gilets Jaunes au rondpoint habituel. Cette interdiction est parfaitement comparable avec la politique déployée par Emmanuel Macron qui lui, est aussi complice des mêmes groupes financiers qui ont bénéficié des largesses de l’Etat par des subventions déguisées au nom du C.I.C.E. (crédit d’impôt compétitivité et emploi). Nous rappelons que le groupe Carrefour a bénéficié de cet « arrangement » en 2018 à hauteur de 900 millions d’Euros. Nous rappelons aussi, que nous exigeons la suppression de ce dispositif depuis le 17 novembre 2018. Nous en déduisons que le préfet du Rhône applique une politique de répression au bénéfice de la Finance, et donc, au détriment de la Démocratie et du droit de manifester. Nous ne baisserons pas les bras pour autant ! Cette injustice ne fait que renforcer notre détermination ! Nous vous donnerons RDV ce samedi 6 Juillet sur un autre lieu proche de Givors et qui sera situé en dehors du périmètre interdit par la dictature Macroniste. »
Par la coordination Gilets Jaunes Givors et alentours

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