Le péril jaune

© Clement MAHOUDEAU Source: AFP

La rédaction de Printemps Jaune a donc décidé, à l’unanimité, d’entrer en résistance suite à la déclaration du gouvernement et ceci malgré le risque de tomber sous le coup de la loi et de ne plus pouvoir s’exprimer en toute liberté.
Voici cette déclaration du premier ministre, Mr Edouard Philippe, faite il y a quelques jours à Matignon :

« Le gouvernement, en total accord avec le président de la république, et au vu de la gravité extrême de la situation, a donc décidé de mettre en œuvre sans délai, et ceci en activant l’article 49-3, la loi suivante : il sera désormais strictement interdit, dans l’espace public, d’utiliser, que cela soit oralement ou par écrit, l’adjectif « jaune », ainsi que la couleur jaune sous quelque forme que ce soit.
Tout contrevenant sera, sur le champs, interpellé et mis en garde à vue en attendant les sanctions adéquates qui, et n’en doutez pas un instant, seront à la hauteur de l’infraction : justes mais implacables.
De plus, toute personne accompagnant, ou en contact, ou présente sur place, ou gravitant dans l’entourage du contrevenant sera considérée comme complice du pire.
Nous, la nation française, patrie des droits de l’homme riche, nous ne pouvons
plus accepter, ni tolérer, que sévissent sur notre sol des factieux, des séditieux, des racistes, des fascistes, des homophobes, des antisémites, des casseurs, des terroristes, des pédophiles invétérés, des mangeurs d’enfants, des cannibales végétariens, des zoophiles écologistes et pire, pire que tout, des citoyens éclairés, ceux-ci se dissimulant sous un gilet, dont je ne prononcerai pas la couleur, cela va de soi.
Je comprends l’émoi immense que cette décision risque de susciter dans le pays, mais nous n’avons, hélas, pas le choix face à ces gilets, et là encore je ne prononcerai pas leur nom, qui mettent en péril, que dis-je, en danger de mort notre démocratie, notre république et toutes les valeurs universelles qu’elle incarne aux yeux du monde.
Vive la république et vive la France.
Merci. ».

La rédaction de Printemps Jaune a réussi à recueillir, auprès de sources bien informées, que la vérité est toute autre et que la vraie raison de la mise en œuvre de cette loi inique repose sur le fait que Macron ne supporterait plus le jaune, que ce soit l’adjectif ou la couleur. « Depuis le 17 novembre, il en fait des cauchemars ! », nous assure t-on. « La nuit, il se réveille en sueur, tremblant, hurlant de terreur, réveillant Brigitte qui n’en peut plus, et la décision du président de vouloir absolument cette loi n’est pas sans rapport avec l’exaspération de son épouse qui était à deux doigts de demander le divorce. ». De quoi est donc fait ce cauchemar que l’on dit toujours récurrent, dans le sens ou il est toujours le même et dans celui du fait qu’il (Macron) ait la peau rouge, presqu’à vif, à force de se gratter ? Un proche du couple témoigne sous le sceau de l’anonymat : « Il (Macron) se voit toujours habillé de blanc, presque virginal, entouré d’une foule haineuse habillée de jaune. Elle se jette sur lui, l’empoigne, le renverse, se colle, se frotte à lui, et après ce combat inégal, il se retrouve, lui aussi, couvert de jaune de la tête aux pieds, comme lorsqu’on bat un oeuf au fouet et qu’à la fin, il ne reste plus que du jaune. ».

Les conséquences immédiates, aux répercutions incalculables, de mise en oeuvre de cette loi scélérate n’ont pas tardé à se faire sentir et ceci dans tous les aspects de notre vie.

Tout d’abord, comme nous sommes au début du printemps, toutes les fleurs des champs, des jardins publics, des squares, et évidemment des ronds-points, c’est à dire les jonquilles, les coucous, ainsi que les buissons de genêts, entre autres, ont été méthodiquement et systématiquement, soit rasés, soit arrachés, soit brûlés afin qu’il n’en reste plus rien, plus une trace. Leurs représentations, soit picturales, soit photographiques, ont subit le même sort : décrochées et brulées. L’émoi est immense dans le milieu muséographique et l’on sait, là encore par des canaux secrets, que les tournesols de Van Gogh ont été mis, fort heureusement, à temps à l’abri de cette folie.

Ensuite, quelle ne fut pas notre surprise de constater que tous les dictionnaires de langue française, dans toutes les écoles, collèges, lycées, universités, librairies, bibliothèques… avaient été, en l’espace d’une nuit et dans le plus grand secret, tous remplacés par de nouvelles éditions où l’adjectif « jaune » avait été sciemment retiré, ainsi que tous les autres adjectifs, noms et verbes en découlant, et où nous passons désormais de « jaumière » à « java » sans s’en rendre compte.

Puis, non seulement le gilet jaune a été rigoureusement interdit à l’importation, à la fabrication, à la vente ainsi qu’à la possession sur le territoire national, ce qui, au tout début du moins, posa quelques problèmes, quand des personnes étant verbalisées pour n’être pas en possession de gilets jaunes dans leur véhicule, comme le code de la route l’oblige, l’étaient, verbalisées, une seconde fois pour port illégal dudit gilet. Les choses semblent aujourd’hui être rentrées dans l’ordre, c’est le cas de le dire. Et pour éviter la propagation, la contagion, de l’insurrection à tout le pays, le gouvernement envisagerait, sous peu, d’interdire tous les autres gilets de sécurité, qu’ils soient oranges, rouges, verts, bleus ou autres.

De plus, la Poste étant Le symbole par excellence du port de la couleur jaune, par ses boîtes aux lettres, ses véhicules, son logo… et ceci depuis fort longtemps en France, couleur ayant au sein de la population une forte charge émotionnelle, voir mémorielle, il a donc été décidé dans l’urgence et en mettant à contribution, et ceci sans aucune rétribution supplémentaire, presque de force, la quasi totalité des personnels de cette « institution », de repeindre toutes les boîtes aux lettres et véhicules, y compris les vélos, à l’aide de peinture rose, la seule étant disponible en quantité énorme étant donné qu’elle n’est jamais utilisée.
L’effet, a défaut d’être esthétiquement d’une laideur incomparable, a provoqué l’hilarité générale, aussi bien du côté des personnels de la Poste, qui ont été durement sanctionnés, que du côté de la population qui ne s’est pas privée de sarcasmes en affublant tous ces objets de qualificatifs tels que : « Boîte à bonbons. », « BarbieCar », et aussi des moins admissibles, mais néanmoins proférés, tels que : « Vélo si PD ».

Enfin, si cela ne suffit pas à endiguer ce « véritable fléau », ce « péril jaune » pour reprendre les terme employés par le gouvernement, ou plutôt le régime, pour qualifier cette insurrection populaire, on nous fait savoir qu’il n’hésitera pas à étendre cette « loi » à la sphère privée, avec là encore, les conséquences véritablement cauchemardesques que celle-ci pourrait engendrer. Nous n’avons aucun mal à imaginer que les poules seraient stérilisées en masse afin de ne plus produire d’oeufs; que chacune ou chacun d’entre nous se retiendrait d’uriner, causant ainsi des infections urinaires sur une échelle jusqu’alors jamais atteinte; que le beurre disparaitrait totalement et définitivement de nos frigos, de nos tables, même le demi-sel, et qu’il faudrait dire adieu à nos tartines, nos galettes bretonnes, nos desserts… et tout ce qui fait que la vie, en Bretagne et partout ailleurs, vaut d’être vécue.

Chères fidèles lectrices et fidèles lecteurs de notre site, l’heure est grave et nous n’en sommes, hélas, qu’au début des ravages que vont causer à notre beau pays cette loi de dingues.
Le cauchemar ne fait que commencer et le pire est à venir, nous le sentons.
Comptez sur toute l’équipe soudée et combative pour vous tenir informé-e-s, même clandestinement, car hors de question pour nous d’abandonner notre jaune, le jaune de « printemps jaune » qui a fait et fera encore notre force et notre identité, quelqu’en soit le prix à payer.

Soyez à nos côtés dans l’adversité comme nous sommes et serons toujours aux vôtres.

Merci et à très bientôt.

Amitié colorée.

La rédaction de « printemps jaune ».

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