P.O.V. 1. Condamnation Monsanto

Des GJ bloquaient les camions de Monsanto près de Carcassonne en décembre 2018. Photo C.B

Août 2018. Etats-Unis.

Dewayne (Lee) Johnson, jardinier californien, a attaqué en justice la multinationale américaine Monsanto et accuse leurs deux pesticides qu’il a manipulés, le Roundup et le Ranger Pro, d’être à l’origine de son cancer.

Historique ? Difficile de savoir à quel point la décision de la justice nord-américaine marquera les procès à venir en matière de santé et d’environnement. D’autant que la firme a annoncé sa volonté de faire appel. Reste que les opposants au glyphosate espèrent bien que la condamnation de Monsanto à verser près de 290 millions de dollars à Dewayne Johnson aura des suites.

“Le glyphosate est un cas d’école, le pesticide le plus vendu au monde, il faut bien sûr l’interdire. Mais il faut surtout changer tout le système car la dérive est systémique. La «guerre» contre les pesticides évoquée par Nicolas Hulot a commencé depuis longtemps. D’une manière générale, ce jugement donne du poids aux partisans d’une meilleure réglementation. Il ne faut pas reproduire le schéma du glyphosate avec d’autres produits, comme le chlorpyriphos et bien d’autres demain. C’est toute la manière dont les pesticides sont évalués en Europe qui doit être revue. Au-delà des discours, il faut taper du poing sur la table et demander à l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA en anglais) de faire son travail. Il va notamment falloir mieux prendre en compte toutes les études des universitaires et moins celles des firmes. C’est là la vraie bataille contre les pesticides : il faut changer de façon de faire. (François Veillerette – Directeur de l’ONG Générations Futures )”.

La même année, en France, le  débat parlementaire autour du glyphosate, dans le cadre de la discussion de la loi agriculture et alimentation, avait été tendu. Certains députés, y compris LRM, comme Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire), s’étaient battus, en vain, pour que l’objectif de l’interdiction du glyphosate soit inscrit dans la loi. Le gouvernement et sa majorité parlementaire avaient rejeté l’amendement, arguant que l’objectif de sortie d’ici à 2021, affirmé par le chef de l’Etat, était clair et qu’il n’était nul besoin de l’inscrire dans un texte.

2019. Monsieur Macron annonce impossible une sortie du glyphosate d’ici 2021 . Il semblerait que l’appât du gain et les accords avec les lobbys soient plus importants que l’avenir de nos enfants.

 

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