Marche pour le Climat et Acte 28 : Convergence des Gilets Jaunes et des Gilets Verts

Les gilets jaunes s’étaient fixé rendez-vous à l’ancienne manufacture du tabac à 14h pour participer, groupés, à la marche du climat prévue à partir de 15h. Ils étaient pratiquement aussi nombreux que la semaine précédente, soit un petit millier de manifestants, à l’arrivée des premiers gilets verts. Ceux qui avaient participé la veille à la marche des jeunes pour le climat (Youth for Climate) signalaient que la participation était presque cinq fois moindre que la fois précédente.
Après le gonflage du ballon représentant la planète, le cortège mêlé de jaune et de vert s’est mis en marche, gilets verts devant et gilets jaunes derrière, dans une ambiance plutôt bon enfant. Sur le chemin les écologistes ont reçu de nombreux renforts tandis que les gilets jaunes se sont regroupés au milieu comme ils le souhaitaient. Le cortège comportait environ quelques milliers de participants comme lors des manifestations réussies du samedi mais était très loin de la participation à la marche du climat du 16 mars.

Les groupes reprenaient ensemble les slogans des uns et des autres bien qu’il n’y avait pas de mot d’ordre fédérateur. Puis les motards, habitués à rejoindre les cortèges des gilets jaunes, sont arrivés en arrière de la marche sans pour autant y rester. Bien que leur présence est appréciée par de nombreux manifestants, il semble toujours antinomique de faire vrombir les moteurs au sein d’une marche qui promeut l’écologie.
Ensuite, une partie des gilets jaunes a remonté le cortège et pour se placer une centaine de mètres à l’avant et faire face aux forces de l’ordre jusqu’au pont de la Guillotière. Les autres manifestants ont fait plusieurs arrêts notamment pour un sit-in. Pour finir, les organisateurs de la marche pour le climat ont orienté le cortège vers les gradins le long du quai du Rhône pour des prises de parole avant la dispersion. Au moins un gilet jaune a pu intervenir, tenant un discours animaliste, difficilement audible dans ce contexte pour les autres militants.

Enfin, la plupart d’entre eux s’est exfiltrée pour se rendre au quartier de la Part Dieu. Malgré la présence des forces de l’ordre, les gilets jaunes sont entrés sans chasubles et sans grande difficulté dans le centre commercial. A peu près 150 manifestants ont afflués de tous les côtés afin de s’y rassembler pour chanter et crier des slogans. Malheureusement, les revendications se sont perdues dans le brouhaha du centre commercial et l’absence de gilets ont rendu l’action difficilement compréhensible. L’ambiance a alors tourné au vinaigre quand certains vigiles, visiblement désorientés, ont tenté de rétablir l’ordre. Rapidement, des accrochages relativement violents ont eu lieu entre quelques gilets jaunes et des agents de sécurité provoquant ainsi la fermeture des grilles de nombreux commerces pendant une bonne vingtaine de minutes. Pourtant, la présence des militants n’avait pour but que la dénonciation de la concurrence des grandes surfaces et de l’e-commerce. C’est dans cette panique, qu’est arrivée la police secondée par la BAC. Ils ont alors nassé les marcheurs pacifiques dans un couloir presque déserté par les consommateurs et les ont laissé sortir un à un.
Certains se sont ensuite dirigés vers la gare avec pour objectif d’y défiler. Les forces de l’ordre les y attendaient ; elles ont procédé à trois de tirs de sommation, à une charge et à l’arrestation d’un militant qui se servait de son mégaphone pour énoncer les revendications portées par le mouvement. Une partie du cortège aura quand même réussi à traverser la gare en cortège. Finalement, l’objectif aura été atteint malgré une organisation approximative et le manque de visibilité de l’opération.

C’est un acte en demi-teinte qui se sera déroulé ce samedi. La convergence des causes n’est pas encore évidente pour tous et il reste de nombreuses passerelles à créer. Cependant, nous nous réjouissons de manifester de plus en plus régulièrement ensemble, chose qui n’aurait pas été envisageable il y a quelques mois. Même si cette convergence est un travail de longue haleine, il faut se féliciter que le rapprochement entre associations écologiques militantes et plusieurs coordinations de gilets jaunes se mette en place naturellement.
A ce stade, il semble utile de rappeler que l’exigence de davantage de justice sociale et d’une démocratie plus directe intègre directement les enjeux écologiques. En conclusion, même si nous ne menons des combats différents, les exigences portées par les militants sont parallèles et nous aurions tout à gagner à le mettre en commun.

Récit rapporté par Patrick L.

PARTAGER :