Acte 26 : Lyon, capitale des gaulois réfractaires

Samedi 11 mai, alors que les interdictions de manifester se multiplient partout en France,  Nantes et Lyon étaient les points de ralliements nationaux pour ce 26ème samedi de mobilisation. 
Dans la capitale rhodanienne, où pas moins de quatre périmètres étaient concernés, les gilets jaunes en appelaient à un rassemblement contre la privatisation des biens publics (https://printemps-jaune.fr/privatisation-et-destruction-de-biens-publics/ ).  Le week-end était ainsi placé sous le thème du retour aux fondamentaux, avec la conférence du vendredi soir et le barbecue de l’après-manif. Une figure médiatique du mouvement, Jérôme Rodrigues, avait également pris là ses quartiers pour l’occasion.

Ainsi, vendredi à la Bourse du Travail, place Guichard, se tenait une conférence sur le RIC en présence de Hakim Lowe, Daniel Vienne, Raul Magni-Berton et Yvan Bachaud.

Samedi dès midi, les manifestants s’installaient sur la place Bellecour pour un atelier pancartes, banderoles et chorale. Des tentes avaient également été installées pour abriter un stand où étaient distribués tracts et imprimés. En parallèle, les street medics organisaient une formation aux premiers secours sur la Place Antonin Poncet.

Aux alentours de 13h30, Jérôme Rodrigues attendu pour ce 26ème acte, a fait son apparition. L’homme devenu symbole des violences policières, cristallisait l’attention de tous qui se bousculaient pour prendre des selfies. Dans cette cohue, perturbant gaiement le point presse fixé avec Alternatiba et les GJ du Rhône, cette figure du mouvement a appelé à voter aux élections européennes contre Emmanuel Macron.  L’occasion pour les gilets jaunes et verts de repréciser les raisons de la mobilisation, de lancer un appel contre la privatisation des biens publics, de réaffirmer l’urgence climatique et de rappeler que les préoccupations sociales et climatiques ne sont pas opposées.
Lien vers le reportage : https://youtu.be/gAsuWWO1a1Q

 

 

C’est peu après 14h que l’imposant cortège s’est mis en branle dans un joyeux désordre, motards en tête. Alors que les médias évoquent une participation en baisse avec seulement 2000 manifestants, nous ne pouvons que mettre en doute ce chiffre largement sous-estimé. Le début du cortège devait compter un peu moins de 10.000 personnes, jaunissant les quais lyonnais à perte de vue avant de disparaître dans des volutes de lacrymogènes. Comme à l’accoutumée, après avoir lancé quelques projectiles sur les forces de l’ordre, les Black Blocks présents dans le cortège ont servi de prétexte aux nassages et matraquages arbitraires.  C’est après le pont Perrache que la manifestation a été décrétée non-déclarée par la préfecture, prenant alors les manifestants en otages pendant d’interminables minutes.
Nous espérons vivement que les forces de l’ordre ont ainsi enfin pu interpeller les « casseurs » et autres protagonistes violents après lesquels elles semblent courir depuis six mois sans parvenir à leur mettre le main au collet. Malheureusement, tout nous porte à croire qu’il est plus simple d’intimider, de malmener et de dissiper une foule pacifique que de mouvoir des corps fatigués et alourdis par d’épaisses armures pour rattraper des fauteurs de trouble identifiés et identifiables.
Ils nous disent que les ordres viennent d’en-haut… Et ce n’est pas à leurs cerveaux qu’ils font référence.

 

 

Après la manifestation, le journal Fakir Rhône https://www.fakirpresse.info et le site internet Printemps Jaune, en collaboration avec Alternatiba https://alternatiba.eu/rhone/, organisaient un barbecue géant au parc de Gerland. L’objectif affiché était de ranimer la solidarité du début de la mobilisation en faisant du parc le plus gros rond-point de France, avec le concert de Mali Karma et la diffusion du film « J’Veux du Soleil » en point d’orgue. L’ambiance était résolument festive et bon enfant jusqu’à ce que la météo joue les trouble-fêtes, une pluie diluvienne contrecarrant la projection du film. Finalement, celle-ci constitue un excellent prétexte à l’organisation d’un nouvel événement.

 

 

Dimanche enfin,  les femmes Gilets Jaunes se sont donné rendez-vous devant les « 24 colonnes » pour leur manifestation régionale. L’objectif de celle-ci était de rappeler l’importance du combat pour l’égalité hommes-femmes, de dénoncer la précarité dans laquelle vivent les femmes qui élèvent seules leurs enfants et les violences faites aux femmes. Elles ont à leur tour été rejointes par Jerôme Rodrigues et ont battu le pavé sans heurts.

Ce week-end aura été l’occasion d’un travail collaboratif entre militants jaunes et verts qui confirme la convergence nécessaire des luttes et des mouvements. Nous nourrissons l’espoir de travailler main dans la main à contraindre le gouvernement à nous écouter pour faire émerger de véritables solutions aux problèmes socio-économiques actuels. Fin du monde, fin du mois, même combat !

 

Source : https://alternatiba.eu/rhone/

PARTAGER :